[Autralie ] A Brissy story par Marie-Flore Leclercq

Au cours de ma deuxième année à  Centrale Paris, je suis partie un semestre à  l'Université du Queensland, à  Brisbane en Australie. Cette expérience m'a permis de découvrir un écosystème universitaire très différent du système prépa/école que j'avais connu jusqu'alors. Voici un bref et subjectif retour sur ce moment.

 

marie

La première chose qui m'a marqué en arrivant est bien sur la taille de cette université: elle regroupe 50 000 étudiants dont 10 000 internationaux parmi lesquels 1000 sont en échange non diplômant (mon cas). Les étudiants internationaux forment le gros du bataillon des postgraduates car de nombreux Australiens débutent dans le monde du travail après leur bachelor. Le prix des masters beaucoup plus élevé que ceux des bachelors explique peut - être que les australiens privilégient des études courtes. La minute de master peut revenir à  1 euro la minute  ! La taille de l'université implique parfois 15 minutes pour changer de salle, des bibliothèques nombreuses et toujours pleines, mais aussi la présence d'un théâtre, d'un cinéma, de restaurants, d'un bar, d'un magasin de bonbons, d'un coiffeur, d'un centre de soin . L'expansion du campus qui a accompagné le développement de UQ permet une balade architecturale à  travers les styles représentés par les différents bâtiments.

Le contraste entre les arcades de grès rose de la cour d'honneur et les salles les plus modernes est agréable. Certaines sont dans l'esprit de salle d'innovation où l'on peut écrire sur les murs, où les tables rondes invitent à  discuter des thèmes du jour tout en s'appuyant sur les supports de cours, projeté dans les différentes directions. Le design du mobilier et des luminaires au plafond est soigné.  Cela m'a fait penser aux salles pilotes testées à  Centrale en vue de l'installation à  Saclay.

Une autre grande différence est le caractère très facultatif des cours. En bachelor, la présence est parfois notée en TD mais en postgraduates le message est clair, la vidéo du cours ainsi que le support du cours est disponible en ligne et les étudiants invités à  venir s'ils souhaitent participer, nonchalants s'abstenir ! La différence entre les niveaux under- et postgraduates se fait aussi sur le système de notation, les cours de postgrad' étant le plus souvent notés uniquement sur les travaux de groupe, les travaux individuels de recherche et les travaux rendant compte d'un travail régulier. Sans la crainte d'un partiel final ces cours sont néanmoins exigeants; Pour ma part je devais fournir dans un de mes cours :  3000 mots de recherche sur un thème imposé, 5000 mots sur un sujet au choix à  faire valider comme rentrant dans le cadre de la matière avec minimum 30 sources à  citer, un projet de groupe à  réaliser, présenter oralement et analyser par écrit en 2500 mots, 500 mots hebdomadaire sur une problématique à  définir par rapport au thème de la semaine en variant les sources et les rendus (notes, collage, carte mentale, schéma logique, business model). La majorité des travaux est rendu électroniquement ce qui permet de vérifier l'authenticité des devoirs, le plagiat étant largement honni (on nous l'a répété un bon paquet de fois) et d'avoir les remarques du prof insérées au milieu du devoir.

Partir étudier à  Brisbane c'est aussi faire un saut de +30°C en Février, chercher un logement en parcourant à  pied la ville sous 39°C et remercier chaleureusement le verre d'eau à  l'arrivée. En parlant de logement, j'ai eu la chance de trouver très rapidement une grande maison typique du Queensland: en bois avec l'entrée au 1er étage, pas de chauffage, des fenêtres «guillotines» une terrasse, un palmier et des perroquets le matin. L'absence de chauffage s'est fait ressentir quand l'hiver approchant le thermomètre est passé sous les 25°C: les pantalons ont été de sortie. Suivis de la polaire la première fois qu'il a fait moins de 20°C. C'est impressionnant ce que l'on s'habitue rapidement à  la chaleur, plus vite qu'au jour qui dure de 5h à  18h30 voire moins en hiver. Les Australiens profitent de la fraicheur matinale pour faire du sport avant d'aller étudier/travailler: le lifestyle du Queensland n'est pas qu'une légende. Evidemment il y a aussi les énormes araignées dans les fils électriques et tout le pont qui mène à  l'université, les crocodiles qui se sont échappés et retrouvés dans les lacs de l'université. Nous avions été longuement alertés sur toutes les espèces dangereuses lors d'un amphi de présentation mais finalement je n'en ai pas croisé(je dois reconnaître que je n'ai pas vraiment pris le temps d'identifier le gros serpent dans un arbre du jardin botanique de la ville !)

En conclusion, l'Australie n'est pas un pays très dépaysant mais offre de splendides paysages et une superbe qualité de vie : Merci pour ce moment à  tous ceux qui l'ont rendu possible !

 

Centralienne P2015